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Bilan de santé haut de gamme : ce qui sert vraiment

Un bon bilan ne se juge pas au nombre d’examens. Ce que disent les recommandations, ce qui reste à prouver, et quatre questions qui font la différence.

En bref

  • Un examen est utile s’il peut changer une décision. Les autres rassurent rarement, et inquiètent parfois.
  • Le socle est connu : tension, lipides, glycémie, risque cardiovasculaire et dépistage des cancers selon l’âge.
  • L’IRM du corps entier et les tests sanguins « multi-cancers » n’en font pas encore partie.

Les bilans dits premium se présentent souvent comme une liste : vingt, quarante, parfois soixante examens. La longueur rassure. Elle dit pourtant peu de la qualité du bilan. En médecine, un examen vaut par la décision qu’il éclaire : traiter, surveiller, ou ne rien faire, en connaissance de cause.

Le piège du « tout voir »

Plus on cherche, plus on trouve. Un kyste au rein, un nodule de la thyroïde, une petite tache sur le foie : ces découvertes fortuites sont fréquentes et, le plus souvent, sans conséquence. Mais une fois écrites sur un compte rendu, elles appellent d’autres examens, parfois une biopsie, et des semaines d’inquiétude.

C’est pourquoi l’American College of Radiology a indiqué, en avril 2023, ne pas disposer de preuves suffisantes pour recommander l’IRM du corps entier chez une personne sans symptôme. L’examen n’est pas inutile en soi. Il se discute dans des situations précises, avec un médecin, et non comme un passage obligé.

Le socle, selon les recommandations

Les âges varient d’un pays à l’autre. Un bon bilan dit quelles recommandations il suit, et pourquoi.

Le cœur et les vaisseaux

  • La tension artérielle, mesurée au calme, à plusieurs reprises.
  • Le bilan lipidique, et la glycémie ou l’hémoglobine glyquée.
  • Le risque cardiovasculaire à dix ans, calculé avec un outil reconnu, comme SCORE2 en Europe.
  • La lipoprotéine (a), au moins une fois dans la vie. Les recommandations européennes de 2019 le proposent : ce facteur de risque est en grande partie héréditaire et n’apparaît pas sur un bilan lipidique ordinaire.

Le dépistage des cancers

  • Côlon et rectum. Dès 45 ans selon les recommandations américaines ; de 50 à 74 ans dans les programmes européens.
  • Sein. Une mammographie tous les deux ans dès 40 ans selon les recommandations américaines de 2024 ; de 45 à 74 ans selon la recommandation européenne de 2022.
  • Col de l’utérus. Le test HPV, au rythme prévu dans votre pays.
  • Poumon. Un scanner à faible dose chaque année pour les fumeurs et les anciens gros fumeurs, de 50 à 80 ans selon les critères américains.
  • Prostate. Le dosage du PSA, entre 55 et 69 ans, se décide avec le médecin, après avoir pesé ses avantages et ses inconvénients.

Ce qui se discute au cas par cas

  • Le score calcique coronaire. Un scanner sans injection qui mesure le calcium des artères du cœur. Les recommandations américaines de 2019 le jugent utile lorsque le risque est intermédiaire et que la décision d’un traitement hésite.
  • La condition physique. Une épreuve d’effort, avec ou sans mesure de la VO2max. Dans une étude portant sur 122 007 patients, publiée en 2018, une faible capacité cardio-respiratoire était associée à un risque de décès comparable, voire supérieur, à celui du tabac ou du diabète.
  • L’aorte abdominale. Une échographie, une fois, pour les hommes de 65 à 75 ans qui ont fumé.
  • Les os. Une densitométrie, selon l’âge, la ménopause et les traitements en cours.

Le verdict ICI

Établi

Tension, lipides, glycémie, risque cardiovasculaire à dix ans, lipoprotéine (a) une fois, dépistage des cancers selon l’âge, mesure de la condition physique.

Prometteur

Les tests sanguins de détection précoce de plusieurs cancers. Dans l’essai britannique NHS-Galleri (plus de 142 000 participants, résultats présentés en mai 2026), l’objectif principal, moins de cancers découverts aux stades 3 et 4, n’a pas été atteint. Les cancers de stade 4 étaient en revanche moins nombreux aux deuxième et troisième tours. L’effet sur la mortalité n’est pas encore connu.

Pas encore

L’IRM du corps entier sans symptôme ; les « âges biologiques » et horloges épigénétiques pour guider une décision médicale ; les panels de dizaines de marqueurs sans question précise.

Quatre questions à poser avant de réserver

  1. Pourquoi cet examen, pour moi ?
  2. Quelles recommandations suivez-vous, et pour quel âge ?
  3. Qui m’expliquera les résultats, de vive voix, et dans quelle langue ?
  4. Si l’on trouve quelque chose, qui me rappelle, dans quel délai, et à quel coût ?

Vous hésitez entre plusieurs bilans ? C’est exactement le rôle de la Curation.

Relu et validé par Rahima Khirennas, médecin de formation, le 5 novembre 2026.

Contenu informatif, ne remplace pas un avis médical.

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